La dernière pilule

Un couple de septuagénaires, André et Marthe, invite leurs deux enfants et trois amis à une fête un dimanche de janvier 2550. Très vite la discussion s’installe entre les convives. Qui est qui à une époque où tous les croisements génétiques imaginables sont possibles ? Que devenons-nous quand les greffes de puces électroniques sont devenues courantes ? Quelles réactions avons-nous face à des robots parfois plus naturels que les humains eux-mêmes ? Comment la conscience s’est transformée ? Que sont devenus la mort et l’amour quand la vie éternelle n’est qu’une question de choix ? Et surtout… Que sont-ils venus fêter ?

Ce futur est pourtant bien présent. Toutes les avancées technologiques dont il est question dans cette pièce ont déjà été réalisées. Des croisements hommes/ animaux viables ont été réalisés en Angleterre où cela est autorisé. Des soldats-robots entièrement autonomes « capables de distinguer un allié d’un ennemi » ont été lâchés armés sur des théâtres militaires. La pièce suppose seulement que ces technologies sont devenues abordables et accessibles au plus grand nombre.

La dernière pilule peut nous aider à réfléchir aux moyens de transformer ces évolutions inéluctables en progrès.

L’avis des lecteurs

La semaine dernière j’ai envoyé « la dernière pilule » à mon amie Murièle A. Elle a littéralement adoré ta pièce, autant le fond que la façon dont elle est écrite. Pour elle il n’y a pas une virgule à changer.
Arnaud D. directeur de création, acteur

Tout d’abord j’ai adoré ta pièce, tant l’esprit que les personnages créés autour de cette histoire !
Je trouve que le sujet choisi est très intéressant, à la fois loin de nous et pourtant si proche, et d’un réalisme plutôt troublant (comme ton article du figaro ce matin d’ailleurs!). Ca détend mais ça fait beaucoup réfléchir! Ta pièce questionne sur de nombreux sujets auxquels on devrait sérieusement s’intéresser de plus près.
Emilie C. étudiante

Merci pour ce texte. Il ouvre des abîmes de réflexion et d’interrogation sur notre capacité à orienter les développements scientifiques au bénéfice de l’homme, et non pour son malheur.
Elisabeth L. Normalienne, inspecteur des finances

C’est magistral. Simple, terriblement drôle et vraiment puissant. En fait, je n’ai pas envie de te dire bravo, j’ai envie de te dire merci. Hier soir, je me suis amusée à relire ta pièce à voix haute avec un ami qui écrit également (roman, texte d’investigation historique, et demain théâtre ?). Nous avons beaucoup ri. C’est vraiment un texte succulent.
Solenn T. Chasseur de tête

J’ai lu ton texte attentivement. On y apprend beaucoup de choses incroyables et la perspective que cela donne de l’humanité dans le futur est assez terrifiante. Tu t’inscris dans une tradition littéraire illustrée par G.H Wells, Georges Orwell et plus tôt encore Jules Verne, c’est original et rare pour du théâtre.
Philippe U. acteur

Par curiosité, et avec quelques semaines de recul, suite à notre déjeuner, j’ai relu ta pièce. Je la trouve toujours aussi passionnante.
Gilles M. scénariste

Je trouve que c’est très bien. Vraiment. Et je n’ai pas le compliment facile.
Mon passage préféré est celui sur l’amour. C’est le plus poétique, drôle et gai.
Ma phrase préférée est « l’amour est une sauterelle cherchant de l’ombre sous un brin d’herbe un jour de mistral ». C’est très drôle. Je trouve que l’idée de la situation est bien: les pilules, les personnages sont bien campés, surtout Sylvie qu’on identifie tout de suite. Toutes les idées de l’évolution de notre futur sont très distrayantes intellectuellement et surprenantes.
Sophie C. conseil en innovation

Déjà le sujet est alléchant : la projection des avancées scientifiques, sur nos peurs et nos désirs, en général fonctionne bien… quand c’est bien traité, et ce qui est le cas. Le style est agréable, vivant, intelligent les dialogues sont bons. La pièce est truffée d’humour. J’ai ri bien souvent, ce qui est important dans un texte ou le sérieux et la réflexion sont présents.
Le texte donne souvent à réfléchir sans tomber dans le dogmatisme ou l’intolérance. Paraboles et métaphores foisonnent, jamais sentencieuses  toujours bien amenées.
En résumé j’ai pris grand plaisir à lire « Que fêtons-nous ce soir ? » Il y aurait j’en suis sûr bien d’autres choses à rajouter, je tenais, à chaud, à faire ces quelques premiers commentaires.
En tout cas bravo ! Voilà un essai bien prometteur. Je rajouterai un dernier mot : Au venoir.
Pierre D, comédien

J’ai fini de lire ta pièce car on a envie de la finir de lire, c’est très accrocheur, c’est déjà bon signe! Et le fil de l’histoire est crédible et captivant et les personnages assez riches pour qu’on s’y intéresse individuellement, c’est compliqué à faire ça, c’est bien réussi je trouve. Les arguments scientifiques ne sont pas trop pesants, plutôt bien placés.
Ma seule crainte, c’est que, autant ça se lit bien, autant cela risque d’être très statique au théâtre. Mais je sais que je suis assez peu fan du théâtre de pur dialogue, or, là peut être qu’il manquera des actions pour rendre ça plus dynamique malgré tout l’intérêt du texte, de l’histoire et des personnages. Mais c’est peut être le travail du metteur en scène précisément. En tous cas, une belle lecture et beaucoup de réflexions (et des références qui me plaisent tant moi qui suis un fan de science fiction et de Philip K Dick en particulier!). L’histoire des robots est intéressante en dehors de la tradition d’Asimov, elle me fait penser  à une pièce que Bruno Latour a écrite sur Frankenstein qui est très belle, où le monstre en veut à son créateur de l’avoir abandonné, non pas créé, ça c’est le modernisme, mais de l’avoir abandonné, de ne pas avoir assumé les conséquences de  cette création avec toutes les conséquences qui sont celles que l’on commencé à connaitre. Et c’était très émouvant parce que empathique avec nos propres erreurs, et avec le monstre lui-même (qui dans ta pièce a l’air d’aller très très bien!!) Mais les conséquences sont aussi celles que tu décris et qui provoquent la mélancolie de Jacques qui n’est pas seulement un effet des manipulations génétiques mais qui est une profonde nostalgie ou une profonde solitude face aux conséquences ingérables d’une telle mutation. Voilà quelques idées qui me sont venues.
Dominique B. Professeur Sciences Po

Au delà des références littéraires citées ci-dessous dans la pièce, je rajouterai que la qualité de l’œuvre dramatique, il me semble, réside dans cette notion de théâtre de l’absurde que l’on peut trouver chez Becket “En attendant Godot” et “Fin de partie”. L’absurdité de l’homme et de la vie qui mènent nécessairement à la mort. (Citons également Pinter dans “l’Anniversaire”). Le divertissement comme seul solution dans ce monde d’ennui, l’homme seul face à lui-même et à un monde qu’il ne comprend pas, n’acceptant pas sa condition humaine. (Pascal, le Pari)
Absurdité des situations, déstructuration minime du langage mais révélatrice qui crée un mouvement dramatique. La déraison du monde et l’humanité qui se perd sur une thématique existentialiste à la Sartre voire même à la Camus: par le développement de ce thème si déstabilisant qu’est la modification génétique, biologique, le clonage etc. Thème se rationalisant au 21ème siècle mais dérive et dévie vers l’irrationnel total et absolu. Les être communicants dans leur logique propre mais exprimant des difficultés à s’exprimer dans cet univers presque onirique. Ils élucident le sens des mots, du moins tentent de le faire, angoissés de ne pas y parvenir.
L’humour est ici exploité dans sa forme la plus intense qui sublime des sujets dramatiques et tire ses effets comiques de la froideur et du cynisme. Humour de situation également porté par des personnages qui au contraire des pièces de théâtre de l’Absurde ne sont pas interchangeables, ils ont une individualité pure et propre comme Sylvie par exemple qui ponctue et scande “l’intrigue” par ses réactions en chaine.
Les thématiques philosophiques sont elles bien exploitées comme le libre arbitre, le suicide, la fidélité, le genre féminin/masculin, la guerre des sexes, le totalitarisme de la pensée (Référence à Big Brother forcément avec la police de la pensée et le personnage du robot très bien orchestré).
Le ton quant à lui est rythmé telle une mélodie classique, le tempo correspond bien aux différentes strates de l’histoire.) Impression que les convives sont chacun assis sur un siège froid, en bois, ne bougeant pas puis tout d’un coup se levant, se rapprochant et et hurlant en même temps par exemple les strophes du poème créant une impression de cohésion brutale et incroyable.
Un cadre minimaliste qui exploite le pessimisme au service de l’humour et vice et versa dans une entreprise totale de dérision.
Notes: La pièce pendrait toute son immensité théâtrale avec de la musique classique, forte et violente…!
Des déguisements?
Très bonne pièce de théâtre.
Pascale A. critique littéraire